
Je m’appelle Masaki Fukuda. Je suis enfermé dans cette prison de lumière blanche aseptisée où mon seul compagnon est ce geôlier appelé Sylvestre. Un homme qui dit peu de choses, que des grognements diffus, mais qui, avec ses lassos lumineux bleutés qu’il contrôle avec son esprit si j’ai bien compris, il m’apporte les victuailles minimales pour permettre à mon corps mortel de survivre. Pourquoi n’utilise-il pas ses bras vous me direz? Parce qu’il n’a ni de bras, ni de jambes tout simplement. Il se promène sur un siège à glissière pour me servir et me surveiller bien que, n’étant même pas capable de tenir debout dans ce lieu ou me tenir debout est un effort monumental, car les notions de gravité ne semble pas les mêmes que chez moi à Immémoria, ce qui signifie très certainement que je suis sur une autre planète.
Ah oui, vous n’êtes peut-être pas au courant, j’ai été kidnappé sur ma planète en 2173 par un hurluberlue à la longue chevelure argentée en queue de cheval sur son épaule surnommé Nick étant « soi-disant » le président d’un Empire du nom de P.E.R.D.R.E., le pharon du Nouveau Monde, qu’il était en mission pour « récolter » mon Essence et moi, car j’étais une « precious key » et blabla. Il avait aussi un de ces rires stridents qui me revenait aux oreilles chaque fois que je repensais à ce visage émacié au teint livide de cet homme aux yeux émeraude brillant qui me transperçaient jusqu’à la moelle quand il avait entonné à son acolyte dans l’ombre de ce bar à oxygène de ma zone niponienne dans laquelle j’étais en exil: «Fisher, c’est LA clé, on l’embarque.» et que, quelques instants plus tard, je m’étais ramassé allongé sur un brancard métallique en haut d’une plateforme métallique qui me maintenait en suspens au-dessus de plusieurs étages de cerceaux lumineux où des individus se tenaient debout sur des émanations de couleur avec une aise époustouflante pendant que moi, plus je gesticulais pour m’enfuir, plus je sentais des liens invisibles se resserrer contre moi. Me vriller le coeur. Sans oublier le clou du spectacle, cet oeil gigantesque à la pupille de même vert émeraude que ce fou au rire démentiel qui m’observait si intensément que j’avais l’impression que son oeillade transperçait mon coeur déjà serrépar l’effet de ses liens qui se resseraient sur lui…

Et pourtant… je n’arrivais pas à m’énerver. Chaque fois que j’aurais eu envie de m’agiter, de pleurer, mon visage se neutralisait, comme si je n’arrivais pas à exprimer clairement mes émotions, ma confusion, ma douleur.
***
Bon… au moins, je n’étais plus attaché, mais j’étais encore dans la confusion la plus total sur le lieu où j’étais et sur le pourquoi de ma présence ici et surtout… sur le où se trouvait ce ici et comment m’en échapper.
« Masaki, ne t’inquiète pas, j’ai réussi à négocier avec eux ta liberté… », entendis-je dans mon esprit dans un écho diffus.
Était-ce la voix de Marie-Soleil, la seule de cette bande de fous qui avais eu un peu d’humanité à mon endroit ou…
À vous de décider !
Est-ce que…
a) sa mentor Marie-Soleil (agente qui aide Masaki dans ce monde pixelisé où il est facile de se perdre)
b) Nick qui a réussi à négocier avec le gouvernement des lieux.
c) un agent que Masaki ne connaît pas encore
d) son esprit qui divague